"UN JOUR, UN TRAIN", LES 9 ÉDITIONS
- scipionmichaut
- 27 juin 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 juil. 2025
"Un Jour , un Train"… Un projet d’embauche
À la presque fin de mes études, j’ai fait un stage dans une agence dite de Relations Publiques, Broca Lamoureux Communications (BLC), pour la pose de la 1ère pierre du futur Carrefour International de la Communication (CIC), par Mitterrand, dans le quartier de la Défense à l’ouest de Paris.
La Grande Arche, dessinée par l'architecte Otto Von Steckelsen, dans le prolongement des Champs Élysées et de l’Arc de Triomphe, devait être, avec le CIC, un lieu de promotion de l'ensemble des techniques de pointe utilisées dans l'informatique, l'audiovisuel et l'édition. Il était aussi prévu de jouer le rôle de vitrine de ces technologies, de centre des affaires, et de lieu d'apprentissage, à la française, le tout devant prendre place, dès 1988, dans la fameuse Arche, pour couronner la Tête Défense. La « rigueur » budgétaire du gouvernement Maurois finira par emporter ce projet …
À cette occasion, j’ai rencontré Sophie Doxat, cheffe de projet junior dans l’agence BLC avec qui j’ai fortement sympathisé...
Mon stage a duré 2 mois car nous avions à construire et animer une tente de 2 500 m2, remplie de technologies, d’un mur d’images de 150 TV et la participation du fleuron des entreprises de « hautes technologies » (Thomson, Alcatel, Bull..), pour présenter le futur CIC, en présence du Président de la République, le dernier jour.
Dix jours après la fin de cette manifestation, Patrick Lamoureux me convoque pour me payer (et oui! Les stages étaient rémunérés à l’époque!) et me demande :
« Tu es dispo début juillet ? Tu connais la Chine ?
- Euh oui et non !...
- BLC a postulé pour encadrer et animer un train de 400 jeunes de moins de 25 ans qui va en Chine en 9 jours. Leur budget pour cet appel d’offre ne permet d’embaucher que 5 accompagnateurs, hors nous pensons que 10 est un minimum. Nous avons imaginé présenter un projet de journal quotidien dans le train avec Sophie, Béatrice (contact d’une amie étudiante en chinois) et toi .
- Ben… oui pourquoi pas !
-Le problème, c’est que si l'on n'est pas sélectionné, je ne peux pas te payer le voyage du coup, c’est 7 500 francs »
- Ben… OK, il faut que j’en parle à mon père.
- Écoute! Si ça se passe bien dans le, train, je t’embauche en septembre en CDI. On a plein de projets l’an prochain. Tu diras à ton père que c’est comme une période d’essai raccourcie mais donc peut être payante!
- Heuh ?
- Tu as un déjà un passeport, j’espère ?
- Oui, oui! »
Deux semaines plus tard, nous apprenons que l'agence BLC n’est pas sélectionnée, mais Sophie, Béa et moi sommes réunis à l’agence avec le maquettiste, Jean Baptiste Blom, pour valider le graphisme de notre canard, définir son sommaire et l’organisation à mettre en place avant le départ du Transsibérien dans 15 jours!
Alors, partant du principe que la quasi-totalité des futurs voyageurs ne connaissent rien à la Chine (sauf notre Béatrice bien sûr !), il est décidé de préparer à Paris, et pour chacun des 9 numéros, un quatre pages d’informations générales sur l’Empire du Milieu (Histoire, Gastronomie, Culture, Tradition, Littérature, Astrologie, Styles vie, Vocabulaire…) et nous avons prévu que, dans le train, comme des petits « Tintin reporter », nous rédigerions un ou deux feuillets sur la vie et les anecdotes du voyage pendant 9 jours.
Il ne faut pas trainer… Tous les 2 jours, après nos activités quotidiennes, Béatrice, Sophie et moi, nous nous donnons rendez-vous à l’agence en fin d’après-midi pour écrire, relire, imaginer le voyage, apprendre à mieux connaitre la Chine et surtout faire plus connaissance dans la joie et la bonne humeur… Mais surtout avant tout, pour commencer à rêver de ce futur voyage !
Une semaine avant le départ, en tant que « média », nous sommes convoqués à la MJC de Conflans, pour rencontrer les autres projets dit "Communication" : les grands bourgeois du « Chine Fizz », les petits jeunes du « Canard Laqué », les étudiants des Arts Déco et leurs multi-projets dont un fanzine quotidien « Pari Pékin » et l’équipe de la « Radio Train »… Après avoir appris que nous serons tous réunis dans la voiture centrale du train, nous rentrons à Paris quelque peu perturbés par la richesse des autres projets et surtout enchantés de passer 9 jours aux cotés de l’équipe des Arts Déco. Nous avions demandé d’avoir des compartiments mitoyens tellement on les trouvait sympas et un peu fous…
L’impression des 9 numéros en 500 exemplaires des 4 pages déjà rédigées, et les 4 500 pages intérieures vierges à taper sur une machine à écrire et à éditer dans le train - soit avec une photocopie, soit avec une bonne vieille machine à imprimer à manivelle - La Gestetner avec ses stencils et sa fameuse odeur d’alcool - représentent au total 27 ramettes soit 135 kg à charger dans le train!
Nous arrivons donc très en avance, avant le départ de Conflans, comme les autres projets de la voiture "Communication", pour nous installer avec notre matériel et découvrir le fonctionnement des machines mises à disposition par une entreprise. La photocopieuse fonctionne à merveille mais nous sommes à l’arrêt et le test entre Conflans et Paris se montrera beaucoup moins concluant, malgré les efforts des ingénieurs de l’entreprise partenaire (Les vibrations du train sont fatales à la photo reproduction!). Ivan des Arts Déco décide de finir en 4ème vitesse le 1er Fanzine « Pari Pékin » avant le départ pour profiter de la technologie à l’arrêt. Le reste du voyage se fera uniquement sur la Gestetner et à la force de poignet, soit au moins 450 tours de manivelle quotidiens pour nous!


C’est parti! Dans notre compartiment avec 4 couchages, nous ne sommes que 3 puisque la 4e banquette est chargée des 135 kg de papiers… Mes copines sont en haut et moi en face des ramettes et nous pensons déjà, avec frénésie, angoissés par l’agitation ambiante, aux sujets à rédiger pour ce premier jour et surtout comment nous organiser pour distribuer compartiment par compartiment tous les jours notre journal dans les 11 wagons du Train Paris-Pékin.
La suite est à lire dans les reproductions complètes d’« Un jour, un train » ci-dessous avec entre autres, notre humeur, la mise en avant des projets ou l’interview décalée d’un passager…
À partir du 2 juillet 2025, nous publierons, chaque jour l'édition distribuée dans le train, soit les 9 numéros, pour ainsi vous faire revivre, au jour le jour, notre aventure exceptionnelle 40 ans après...
Scipion MICHAUT































































































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