OBSERVATIONS DE LA M J C (MÉDECINE JUILLETISTE CHINOISE) DE CONFL-YANG À BUIJ-YING !
- 2 janv.
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Préparatifs
La question diagnostique initiale était : comment organiser l’accompagnement médical de cet extraordinaire voyage de 450 personnes ? Ma contribution au projet, était de prévoir les principaux risques et d’emporter de quoi y remédier.
En 1985 j’avais 30 ans, médecin généraliste et urgentiste, je travaillais de nuit à SOS Médecins à Paris et banlieue, participais à la mission France de Médecins du Monde et tenais une consultation hebdomadaire d’acupuncture au dispensaire de Houilles (!). J’ai souvenir d’une grande fierté de pouvoir participer à cette aventure, grâce à Danielle Elleboode, Claude Quenault et toute l’équipe de la MJC, teintée d’une certaine appréhension face aux dangers potentiels.
En pratique, nous dormions à 2 dans un compartiment étiqueté cabinet médical-infirmerie, dont la couchette du bas faisait office de table d’examen, l’autre étant occupée par une énorme malle métallique, contenant médicaments, matériel médical, de quoi parer à différentes petites urgences, depuis les sutures jusqu’au nécessaire de perfusion, ainsi qu’une quantité de sortes de petits ballons avec un réservoir au bout (le VIH avait été découvert en 1983).
Journal médico-ferroviaire
Même sans protéger le secret médical 40 ans après, force est de constater que le nombre de pépins médicaux a été limité. Quand on voit les photos avec les échasses, la course pour monter dans le train qui démarre ou les éclats de quelques cierges scintillants on peut frémir.
Si on considère la promiscuité dans un lieu majoritairement clos, des soins d’hygiène limités pendant 10 jours, les changements d’alimentation et d’hydratation, un exercice physique réduit à une déambulation sur les quais … le résultat aura été très satisfaisant.
Sur la pancarte, indiquant le cabinet médical était inscrit « Bobologue » et 90 % des tracas ont été de la bobologie : pharyngite, conjonctivites, céphalées, maux de ventre, tourista, douleurs articulaires, plaies et brûlures superficielles …Les plus grosses interventions ont été l’ablation de corps étrangers dans l’œil (attrapés en sortant la tête des fenêtres), et quelques points de sutures. Je suis conscient de ne pas avoir tout repéré, mais j’ai souvenir de quelques ivresses modérées, pas de consommation de cannabis ni de toxiques plus durs et je n’ai pas eu connaissance d’un pic de naissances 9 mois plus tard !
Un des plus mauvais souvenir, aura été le passage de la douane Russie/Chine, où les douaniers soviétiques se sont montrés particulièrement tâtillons et suspicieux. Ils ont commencé à examiner les boites de médicaments une par une … avant de se lasser devant la taille de la pharmacie.
À Pékin
Nous étions un petit groupe à visiter le Peace Hospital, occasion d’échanger avec des médecins et soignants Chinois et de visiter un service. Je me souviens d’une patiente, souffrant d’une hémiplégie, sous perfusion, qui bénéficiait d’une part de soins modernes comme une imagerie par scanner cérébral, d’autre part de médecine Chinoise avec acupuncture, plantes, et substances bizarres. Étonnante cohabitation entre tradition et modernité.
Réflexions
À distance, je pense que nous avons eu de la chance côté santé, somatique et psychologique.
Depuis 20 ans, je me suis reconverti en psychiatrie, et je travaille encore à temps partiel à l’hôpital psychiatrique… en théorie jusqu’au 12 décembre prochain (merci d’organiser cette fête pour ma retraite !).
Quand je constate l’évolution du monde, l’inquiétude des nouvelles générations, la perte de crédibilité des adultes, la montée de l’intolérance, la banalisation de certains toxiques comme la cocaïne et le crack, et la souffrance mentale, je me demande s’il serait encore possible de refaire un tel voyage.
Au risque de passer pour un vieux con, j’ai l’impression que le projet porté par la MJC de Conflans Sainte Honorine il y a 40 ans, était et restera une expérience exceptionnelle.
Pour ma part, ce voyage m’a beaucoup marqué. En 1985, j’ai eu la chance de rester plus longtemps en Chine, d’aller voir les grands bouddhas de Luoyang, visiter Shangaï, Suzhou, Hangzhou, et de ressortir via Hong-Kong. Puis je suis revenu à Pékin en 1986,1988 et avec mes 3 enfants au Tibet en 2009.
Le train Paris-Pékin de 1985 reste dans ma vie comme un grand rêve éveillé, merveilleux souvenir d’une époque … où il n’y avait ni portables, ni réseaux sociaux, où Tian’anmen n’était pas tachée de sang, et où on ne parlait pas de pangolin.
Un proverbe chinois dit que lorsqu’on n’a plus rien à dire, on cite généralement un proverbe chinois : Quand vous verrez la lumière au bout du tunnel, priez pour que ce ne soit pas le train.
Prenez soin de vous !
Michel VAN DEER MEERSCH
















































































































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